ANALYSIS MENTOR
Guy Moreno
« Une Vision Clinique du monde des Humains et de L’entreprise »
Chapitre 2 - CONNAIS-TOI TOI-MÊME/DEVELOPPEMENT PERSONNEL...

S’il est un sujet complexe et délicat, c’est bien celui qui traite de la « Connaissance de Soi ». Dans l’antiquité grecque, l’oracle de DELPHES  avait comme devise »Connais-toi Toi-Même, laisse le monde aux Dieux ».  En effet, à cette époque-là,   la croyance voulait que les humains, fussent dépendants de la puissance des Dieux et de l’écriture sainte…

Socrate fut celui par qui le scandale arrive, puisqu’il fut l’incitateur, l’Initialisateur d’une démarche  de pensée qui se voulait donner à l’HOMME son autonomie, son indépendance,  sa liberté de conscience en lui apprenant à s’autoriser de se libérer de cette pression de la puissance divine et utiliser la toute et seule première partie de l’injonction soit « Connais-toi Toi-Même ».

Ainsi fait, depuis la nuit des temps  ce thème de la connaissance de soi est l’objet de nos préoccupations, de nos discussions, de nos réflexions, de nos consultations individuelles , personnelles et collectives  car nous procédons, agissons, actons selon une démarche la plupart du temps simpliste, réductrice en s’appuyant sur ce que nous pensons et imaginons être depuis notre naissance, ce que nous croyons être aussi, ou ce que nous lisons, percevons et entendons du regard et du retour des autres. Car souvenons-nous que depuis que nous avons débuté notre vie, heureux et/ou malheureux, issu d’un foyer uni et/ou désuni , et quel que soit notre degré d’insouciance ou de problématique positive ou négative, nos parents nous imposaient des règles et principes et modèles familiaux, sociaux,, culturels, religieux ou pas etc. Ils nous voulaient les meilleurs d’entre nous, afin de réaliser ce qu’ils n’étaient peut-être pas, ou que nous soyons les dignes  descendants de leurs efforts et de leurs ambitions. Ainsi fait, que nous ayons adhéré à cette pression parentale ou que nous nous en soyons révoltés, il n’en est pas moins vrai que nous avons subi une empreinte indélébile  qui quelque part nous a façonné et que nous trainons encore de nos jours.

Bien souvent, nous croyons posséder les qualités qu’il  nous manque, et nous faisons comme si nous les avions, ne nous donnant pas le temps ni les moyens de penser et réfléchir aux conséquences de nos actes, car nous sommes partis du principe que nous « SAVONS »… Nous réagissons devant l’évènement et/ou l’objet tant nous sommes  pressés du résultat…Nous nous inscrivons ainsi, toujours dans le Quoi faire ? et non, dans le « Comment ? » et le « Pourquoi ? ».

Comme pour la maîtrise d’une voiture, au lieu d’en apprendre les modes, règles, principes de conduite, de lire et théoriser pour mieux appliquer, je « fonce » dans le « bidouillage appliqué désordonné » et je découvre par essai/erreur parfois très risqué.. Comme devant tout appareil électronique et/ou informatique, plutôt que passer du temps à lire les notices et les conseils du vendeur.. En fait tout humain est si spontanément naturellement réfractaire et paresseux aux études sérieuses et rigoureuses de l’apprentissage qu’il préfère brûler les étapes au risque de se brûler les ailes….

Ce comportement humain profondément immature comporte des dangers non négligeables tout au long de notre vie, et ainsi se retrouvent nos incidents et/ou accidents selon nos personnalités respectives. Nous voulons tout, tout de suite omettant et/ou nous exonérant de l’effort de patience nécessaire et suffisante  et nous asseyant souvent sur cette nécessaire capacité de modestie et d’humilité dont tout Humain profane devrait faire preuve. Nous procédons aussi ainsi pour  ce qui est de la connaissance de soi… Nous n’aimons pas perdre de temps sur ce travail de fond qu’il faut appréhender avec rigueur de pensée et sérieux pour s’introspecter, goûter à notre vie intime et de nous éveiller à notre Être Intérieur.

Les buts et résultats obtenus ne sont jamais identiques chez et pour chacun, car c’est un travail strictement personnel, mais il conduit toujours à une harmonieuse unité. L’enjeu de la vraie connaissance de soi étant de parvenir à cette claire conscience du soleil intérieur, du SOI.

Cette démarche qui nous conduit à  la connaissance de soi exige de s’assumer dans une part de solitude consentie, de prendre la responsabilité de soi-même, de sa vie, de son destin. Et peu importe la démarche, car elle est multiple ou plurielle selon chacun, être unique et différent, mais elle doit être aimée en raison de cette rigueur qu’elle impose constamment. Il s’agit de trouver un sens à ce qui à priori pourrait à nos yeux et selon notre cœur ne pas en avoir, si nous ne percevons pas ainsi.

Car nos yeux sont toujours fixés sur l’extérieur, alors que l’essentiel est à découvrir en nous. Ce qui réclame une âme de mineur de fond pour aller le plus loin possible  sans concession ni complaisance dans notre introspection, notre autoanalyse pour passer du « connais-toi… » au «  comprends-toi… »…

Ainsi cette compréhension de soi nous conduit naturellement à comprendre notre altérité  humaine et environnementale et à mieux nous situer dans notre rapport à elle.  Ainsi nous nous éveillerons sur une vision du monde moins égoïste et/ou égocentrée et nous nous découvrirons sujets à part entière d’un monde commun partagé dont les regards différents sont portés et partagés.

La connaissance de soi doit nous amener à une plus grande harmonie entre le Paraître et l’Être, donc ce que Nous Sommes réellement, et non plus un Reflet, une Apparence.

Ainsi la connaissance de soi répond à des exigences diverses selon les auteurs ou penseurs et selon leur philosophie et le moment de sa vie : (tirée de WIKIPEDIA – Connaissance de soi – http://fr.wikipedia.org/wiki/Connaissance_de_soi )

-« nécessité intérieure » ;goût de l’introspection : curiosité pour le mystère personnel » : « Au lieu d’aller dehors, rentre en toi-même : c’est au cœur de l’homme qu’habite la vérité » Saint Augustin

-Exigence et lucidité, retour de l’esprit critique sur lui-même « connais-toi  toi-même ! » Socrate d’après Charmide de Platon et une inscription sur le fronton du Temple de Delphes en Grèce.

-Culture du libre-arbitre : « Nous nous croyons libres que parce que nous ignorons les causes qui nous font agir » Spinoza

-« Agir en accord avec soi » ; effort de motivation ; renforcement de l’estime de soi, l’individuation : découverte de sa vocation, son potentiel, son horizon des possibles : »Deviens ce que tu es ! ». Pindare

-Maîtrise de soi-même, s’améliorer, améliorer ses relations : »Le pire état de l’homme, c’est quand il perd la connaissance et le gouvernement de soi » Montaigne

-Choix pertinents, maîtriser son destin, anticiper : »Ce qu’on ne veut pas savoir de soi-même finit par arriver de l’extérieur comme un destin » Carl Gustave Jung

-Le sens de sa vie ; »Ce qui est le plus vrai d’un individu et le plus lui-même, c’est son possible que son histoire ne dégage qu’imparfaitement »Paul Valéry ou encore » le hasard, c’est toi-même qui t’arrive à toi-même » .

Mais quel est le Soi à connaître ? cette question renvoie avant tout à l’interrogation sur ce qu’il faut considérer comme le Soi et peut donc avoir les formulations suivantes :

  • Que suis-je en tant qu’humain ? dans le cosmos ou dans la biosphère ?

  • Que suis-je en tant qu’être humain inscrit dans une histoire ? en tant qu’homme ou femme… en tant que memebre de telle culture à telle époque ?... en tant qu’enfant de tel couple ? etc.

  • Qu’en est-il de mon caractère ? ma personnalité ?

  • Que suis-je comme être singulier (quelle est mon ipséïté ?) ?

  • Que suis-je de plus que la résultante de mes déterminations et de mes conditionnements ? Suis-je un être libre ?

  • Suis-je conscient ou puis-je devenir conscient de tout ce qui me détermine ?

Une grande partie de la difficulté de cette quête provient de l’intrication de ces questions : comment se situer personnellement sans un début de réponse d’ordre cosmologique ? Comment cerner la place de l’homme sans avoir arpenté son propre univers intérieur ?

Pour terminer cet exposé sur le « connais-toi toi-même », il serait coupable de ne pas aborder le « Qui suis-je ? » dans le cadre socio-professionnel, tout particulièrement dans la recherche d’emploi. Si par commodité  nous définissons l’Homme sous 3 dimensions :

 * celle de l’Homme Intime/perso ; résultant de notre image perso souvent floutée et plus ou moins bien perçue et vécue,  également du regard, retour, appréciation/évaluation/jugement des autres (parents, familiers, amis, modèles, éducateurs).  Qui conditionne  la solidité ou  la vulnérabilité au sens affectif et psychologique….

*celle de l’Homme Social ; résultant de notre chemin et parcours dans notre environnement social, amis, famille, vies scolaire, universitaire, sportive, culturelle, etc. qui conditionne un « masque » permettant de traverser la vie avec plus ou moins de réussite et d’efficacité .

*celle de l’Homme Professionnel ; résultant de nos formations et apprentissages et expertises métiers  qui permet l’obtention d’un statut, d’une position,  d’une situation sociale, d’une reconnaissance sociale quelle qu’elle soit et qui conditionne un autre « masque » notre image institutionnelle, notre situation matérielle, notre place dans la hiérarchie sociale…

Nous constatons qu’en réalité l’identité sous laquelle fonctionne l’individu est un mélange confusionnel des 2 dernières  additionnées  sur la première, qui permet au sujet que nous sommes de fonctionner « Masqué » avec les artifices qui vont avec, et qui si l’Humain n’a pas fait ce travail de Connaissance de soi,  subira quelques problématiques douloureuses  et aventureuses…

Il est troublant de voir et d’observer qu’au lieu réfléchir au « Qui Suis-je ? » étape fondamentale pour mieux cerner  les aptitudes et capacités et qualités  que je mettrais en  œuvre dans les autres étapes Que sais-je ? Que sais-je faire ?  que suis-je capable de faire ?  Qu’ai-je envie de faire ?, chacun d’entre nous se jette à corps perdu sur le et dans le marché de l’emploi, et  entame des stratégies de recherche avec des outils de présentation qui sont souvent inadaptés ou surjoués.

Il est troublant que des individus qui la plupart du temps font le procés de leur Entreprise en matière de communication commerciale et marketing institutionnelle, ne pensent pas à se l’appliquer à eux.. Faut-il avoir pour ce faire, un projet personnel et professionnel identifié ?   Ce qui n’est pas toujours le cas !!

Un CV est en principe la carte de visite, la plaquette, l’outil de promotion et de communication primordial de chacun. Il se doit d’être soigné et donner envie au lecteur de recevoir son auteur. Trop souvent le CV   est la représentation de la projection de quelqu’un  dans  un poste souhaité, plus ou moins proche de celui à pourvoir.

Souvent aussi le CV est l’interprétation de ce que pense le sujet de lui, de ce qu’il croit être, de ce qu’il prétend être, voire de ce qu’il voudrait que l’on voit qu’il est, voire des évaluations reçues et perçues…Souvent il va interpréter sa fonction plus selon la perception qu’il en a , que sur les attendus de sa hiérarchie, d’où le décalage…                

Voilà pourquoi la connaissance de soi est l’étape préalable et préparatoire à la rechercher d’emploi, et c’est hélas, souvent qu’elle est zappée autant par les jeunes candidats que les plus âgés et expérimentés. C’est dommage !   

C’est aussi important de se bien connaître pour passer un entretien d’embauche ou là il faut une certaine « homéostasie » entre l’être et le paraître mais encore la dimension humaine qui remplit le costume qu’on envisage de porter.      Ecrit par Guy MORENO – Clinicien d’entreprise.

Catégorie : Reflexion édité le 24 Feb 2015 à 16h23.
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